Formation et vie au séminaire

Formation

Une formation en quatre étapes et à quatre dimensions

Un temps, quatre étapes

Le Grand Séminaire de l’Archidiocèse de Montréal est un milieu de vie et de formation globale qui prépare le candidat au ministère presbytéral. La formation offerte est renouvelée et actualisée aux enjeux de la réalité d’aujourd’hui. Celle-ci se déroule en quatre étapes successives : l’étape propédeutique (étape préparatoire), la formation de disciple (étape des études philosophiques), la configuration au Christ (étape des études théologiques) et la pastorale (étape de synthèse vocationnelle).

En 2020, le Grand Séminaire de l’Archidiocèse de Montréal et la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval ont signé un protocole d’entente qui régit la gestion des programmes offerts en collaboration et assure que les plus hauts standards universitaires soient respectés. L’entente permet aux séminaristes d’obtenir un diplôme civil du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec ainsi qu’un diplôme canonique reconnu par l’ensemble des diocèses catholiques à travers le monde.

1

Propédeutique
(Fondation spirituelle et humaine)

2

Formation du disciple
(Cycle de philosophie)

3

Configuration au Christ
(Cycle de théologie)

4

Pastorale
(Synthèse vocationnelle)

1

Propédeutique
(Fondation humaine et spirituelle)

2

Formation du disciple
(Cycle de philosophie)

3

Configuration au Christ
(Cycle de théologie)

4

Pastorale
(Synthèse vocationnelle)

1- L’étape propédeutique

La formation spirituelle est le cœur de l’étape propédeutique. Elle consiste en une année de préparation dite de « fondation spirituelle et humaine », car c’est l’homme tout entier qui vient à la vocation.  Le séminariste est invité à se familiariser avec la vie spirituelle : vie d’oraison, eucharisties, liturgie des Heures, lecture méditative de la Bible (Lectio divina), catéchisme de l’Église catholique, documents du Concile Vatican II, spiritualité des saint(e)s, autres lectures spirituelles. La vie communautaire, agrémentée de visites et d’activités variées, dont on fait la relecture, favorisent les prises de conscience sur soi et la précieuse connaissance de son humanité.

Cette étape d’introduction du candidat à la vie de futur séminariste consiste en ateliers sur divers thèmes. Elle se déroule en dehors de la communauté et du bâtiment du Grand Séminaire. Au terme de l’année, le candidat aura mûri une décision personnelle, de façon libre et réfléchie, quant à poursuivre ou non son cheminement vocationnel.

Pour de plus amples détails, vous pouvez communiquer avec l’abbé Silvain Cloutier, directeur de la propédeutique.

2- L’étape de formation du disciple

(études philosophiques)
Pourquoi le séminariste doit-il étudier la philosophie?  Voilà une question récurrente qui appelle une double réponse d’ordres académique et pastoral :

– D’une part, parce que les études philosophiques constituent une matrice nécessaire à une bonne assimilation des mystères de la foi. Elles préparent le chemin à la théologie. Les études philosophiques sont donc aux études théologiques, ce que, toutes proportions gardées, Jean-Baptiste est pour Jésus : préparer le chemin du Seigneur.

– D’autre part, parce qu’il sera prêtre dans un monde marqué par l’individualisme et le subjectivisme des valeurs et où se côtoient diverses cultures, croyances, idéologies… Appelé à être un alter Christus à l’image du Maître qui « connaissait ce qu’il y avait dans l’homme » (Jn 2,25), le séminariste est invité à bien connaître la nature humaine dans son origine, ses aspirations les plus profondes et dans ses questionnements sur le sens de la vie et sur les fins ultimes. Le prêtre doit donc être adéquatement préparé à articuler de manière rationnelle les problèmes contemporains avec les vérités révélées afin d’annoncer le message de la foi, de l’espérance et de la charité dans un langage accessible, compréhensible et crédible au plus grand nombre.

3- L’étape de configuration au Christ

(études théologiques)
À cette étape, le séminariste est appelé durant ses études théologiques à approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, c’est-à-dire,  du Christ lui-même, afin qu’en Le connaissant, il L’aime davantage par une relation personnelle, profonde et authentique. Cette intimité avec le Christ doit conduire le séminariste à faire don de sa vie à l’image du Christ lui-même. L’étape de configuration vise donc à susciter chez le séminariste une attitude et un état d’esprit conformes à celui du Christ Jésus afin qu’il irradie la figure du Christ auprès de ses contemporains.

Déjà tout l’être du séminariste éprouve la joie de l’annonce de la Parole, se fortifie comme homme de prière, s’exerce dans l’écoute et l’accueil de toutes personnes, jusqu’au plus pauvre et au plus éprouvé, manifeste la miséricorde du Seigneur et œuvre à former avec les baptisés la communauté-Église de Dieu.

4- L’étape pastorale

(synthèse vocationnelle)
Arrivé à l’étape pastorale, le séminariste a terminé ses études de philosophie et de théologie. Il est maintenant invité à mettre en pratique ses acquis en paroisse. Au milieu du peuple de Dieu, il est appelé à refléter le Christ-Prêtre et à toujours mieux connaître et aimer l’Église du Seigneur pour mieux la servir. Sur le terrain pastoral, il affinera son identité de prêtre en ajustant son discernement et son jugement pastoral dans un esprit d’écoute et de service évangéliques avec, comme fondement, la charité pastorale.

Inséré dans une communauté ecclésiale marquée par la diversité et la complexité des situations de vie, le futur prêtre est appelé à acquérir une maturité humaine, spirituelle et pastorale afin d’être au milieu de ses contemporains comme un autre Christ serviteur. Devenu disciple-missionnaire, le futur prêtre est invité à propager le mandat missionnaire que le Christ a remis à son Église.

Une formation, quatre dimensions

À la différence des quatre étapes de la formation qui se parcourent de façon successive (propédeutique, formation du disciple, etc.) les quatre dimensions de la formation : humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale se visitent, se déploient et se fortifient à chacune des étapes.

En constante interaction, ces quatre dimensions convergent vers un but unique : devenir un pasteur selon le cœur du Christ d’après la gracieuse promesse du Seigneur : « Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur » (Jr 3,15). La formation du futur prêtre est intégrale, elle vise toute sa personne : corps, âme et esprit. Le séminariste s’y engage librement et convaincu du bien-fondé des étapes et des dimensions de la formation.

Dimension Humaine

Dimension Spirituelle

Dimension intellectuelle

Dimension pastorale

Dimension Humaine

Dimension Spirituelle

Dimension Intellectuelle

Dimension Pastorale

PRÉPARER LE TERRAIN DES DIMENSIONS DE LA FORMATION

Parabole du semeur expliquée par Jésus  (Mt 13,18-23)

Le mot « SÉMINAIRE » fait référence à la semence du grain, à la pépinière. La parabole du semeur, où il est question de quatre types de terrains ensemencés, nous semble adéquate pour justifier la nécessité des quatre dimensions de la formation.

Voici notre interprétation de cette parabole

Le bord du chemin

Le grain tombé sur le bord du chemin, c’est celui qui entend la Parole de Dieu sans la comprendre (cf. Mt 13, 19) : il faut donc comprendre la Parole (Dimension intellectuelle) .

Le sol pierreux

Le grain tombé sur un sol pierreux où il y a peu de racines, c’est celui qui entend la Parole de Dieu mais a peu de racines en lui (cf. Mt 13, 21) : il faut donc un enracinement spirituel dans la Parole (Dimension spirituelle).

Les ronces

Le grain tombé dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole de Dieu mais se laisse étouffer par les plaisirs et les tentations de ce monde (cf. Mt 13, 22) : il faut donc une maturité humaine (Dimension humaine).

La bonne terre

Le grain tombé en bonne terre, c’est celui qui entend la Parole de Dieu et porte du fruit (cf. Mt 13, 23) : il faut donc que la Parole soit mise en pratique pour porter des fruits sur le terrain, en paroisse (Dimension pastorale).


Dimension humaine

Pris parmi les hommes » (He 5,1), le prêtre est une personne humaine appelée avec ses forces et ses fragilités. L’appel de Dieu atteint la personne dans son entièreté, telle qu’elle est.

Ce prêtre pris d’entre les hommes est appelé à « intervenir en faveur des hommes dans leur relation avec Dieu » (He 5,1). Il est donc à la croisée des chemins entre Dieu et les Hommes.

À ce titre, la formation humaine tend à modeler les sentiments du coeur de l’homme appelé à l’image des sentiments du cœur du Christ, pour en faire un pasteur selon son cœur qui agit en faveur des hommes comme le Christ lui-même a agi.

Le séminariste progresse, sous la motion de l’Esprit Saint, vers la maturité humaine inhérente à la nature même de son futur ministère. Une personnalité authentique, équilibrée, libre, affectivement mûre, relationnelle, cohérente et capable d’un bon discernement, voilà les qualités humaines principales que le futur prêtre doit cultiver afin d’accomplir son ministère. À l’instar de « l’accompagnement spirituel » pour la dimension spirituelle, « l’accompagnement de croissance humaine », et au besoin une démarche psychothérapeutique, soutient le développement de cette maturité.

Dimension spirituelle

L’appel de Dieu est d’abord un don de la grâce divine, une initiative primordiale de Dieu lui-même : « ce n’est pas vous qui m’avez choisi c’est moi qui vous ai choisis… » (Jn 15,16). C’est le don de Dieu, cela ne vient pas des actes, personne ne peut en tirer orgueil (selon Ép 2,8-9). Reçu comme tel par le séminariste, il ne peut que rendre grâce au Seigneur d’un tel appel.

La vocation à la prêtrise s’enracine donc dans l’intimité avec le Seigneur de qui vient toute grâce. Cette relation essentielle avec Dieu est une véritable communion dans laquelle le séminariste puise dans l’amour du Christ la capacité de vivre et d’agir comme lui.

La vie de prière au séminaire est une initiation, un prélude à ce que sera la vie de prière du prêtre : messes, offices divins, oraisons personnelles, lectures priantes de la Bible, écoute empathique de l’autre, bref, la vie comme une prière.  Le séminariste cultive cette vie d’union avec le Christ en vue d’un ministère fécond d’amour de Dieu et d’amour du prochain (« demeurez dans mon amour ») (Jn 15,9).

Dans la dimension spirituelle, le séminariste est appelé à faire l’expérience profonde d’une rencontre personnelle, relationnelle et transformante avec le Père par le Fils dans le Saint Esprit de façon à pouvoir redonner Dieu aux hommes assoiffés d’amour et de vérité. Nul ne peut conduire les autres à Dieu s’il n’est lui-même conduit par Dieu et s’il ne vit une profonde intimité avec Lui.

Tout au long de sa formation le séminariste est invité à dialoguer avec son accompagnateur spirituel qui l’aide à discerner son chemin en Dieu. Dans la confiance et l’ouverture à l’autre où l’on se confesse parfois, Dieu se découvre comme Père et nous comme son enfant.

Dimension intellectuelle

Le prêtre est appelé pour être envoyé aux  hommes et aux femmes de notre temps afin de leur annoncer la Bonne Nouvelle à la lumière de la foi et de la raison. Dans le monde actuel où cohabitent croyants, agnostiques, athées et des systèmes de pensée aussi divers que le subjectivisme, le relativisme ou le pluralisme, le futur prêtre se doit « d’être en mesure d’affronter avec compétence, clarté et profondeur d’argumentation les questions sur le sens, posées par les hommes d’aujourd’hui, questions auxquelles seul l’Évangile de Jésus Christ apporte la réponse pleine et définitive ». (PDV n. 56)

Une solide formation intellectuelle, philosophique et théologique, permettra d’être à même de tenir un discours rationnel, élaboré et cohérent pour « rendre raison de l’espérance qui est en lui » (1P 3,15).

Le futur prêtre est appelé à manifester la vérité (2Co 4,2), la vérité qui rend libre (Jn 8,32), c’est-à-dire, le Christ lui-même ! Il se fait « missionnaire de la vérité » au sein d’un monde en quête de sens. Il met son intelligence au service de sa foi afin de rendre la Bonne Nouvelle compréhensible à tous et d’amener des éléments de réponses aux profondes questions existentielles de l’Homme d’aujourd’hui sur la liberté, la vérité, le bonheur, la justice, le mal, la mort…

Le projet est de devenir un peu philosophe et théologien, homme de foi et de raison et tenir ensemble ces deux lumières qui collaborent au service d’une même vérité. Ainsi, la formation intellectuelle ne risque plus de se percevoir comme un assemblage de concepts arides et désincarnés. Elle se veut intelligence du cœur, intelligence de la foi dans laquelle intelligence naturelle et foi surnaturelle s’entraident mutuellement pour mieux connaître et aimer Dieu.

Dimension pastorale

L’agir pastoral selon la charité du Christ Bon Pasteur en faveur du peuple de Dieu est la finalité de toute la formation au Grand Séminaire.

La formation pastorale consiste alors, non pas en une série de techniques pastorales, mais en un état d’ouverture du coeur et de l’esprit du séminariste à la mesure des responsabilités pastorales liées à son futur ministère. La charité pastorale devra conduire toutes ses actions en Église. Le séminariste sera ainsi immergé dans un milieu paroissial où il pourra ajuster son être et son agir à la dimension missionnaire de l’Église et mettre en pratique les acquis des trois dimensions spirituelle, humaine et intellectuelle au service du peuple de Dieu.

La dimension pastorale de la formation vise à faire évoluer le séminariste vers une charité pastorale qui reflète la charité du Christ lui-même, vers un service dévoué à l’Église en vue du bien de tous et de chacun. Elle prépare à devenir un prêtre missionnaire, capable de rassembler et soutenir une communauté chrétienne, de travailler en équipe, en coresponsabilité pasteur-baptisés, dans un esprit charitable et serviable au sein de sa paroisse. La dimension pastorale prépare le cœur du séminariste à aimer l’Église du Seigneur.

VIE COMMUNAUTAIRE

Avant d’être un bâtiment, le Séminaire est d’abord et surtout une communauté de vie, éminemment formatrice en ce qu’elle nous révèle à nous-mêmes, fait ressortir le meilleur et parfois le pire en nous, pour enfin nous apprendre la connaissance et la maîtrise de soi.

Les séminaristes prient, étudient, prennent leurs repas ensemble. Des activités sportives et récréatives sont aussi au programme : soccer, hockey, jeux de société, marche, sorties communautaires, visionnements de films, sorties au restaurant et bien d’autres activités, animent le quotidien au Séminaire et favorisent l’épanouissement personnel et communautaire.

Maison de prière, d’études et de vie communautaire, le Grand Séminaire offre ainsi au séminariste un cadre de vie qui joint l’utile à l’agréable à travers une vie communautaire équilibrée et épanouissante.

Vie étudiante

Le Grand Séminaire de l’Archidiocèse de Montréal (GSAM) est formé en STUDIUM affilié à l’Université Laval.

Les cours se donnent sous trois modalités :

  1. en présentiel : cours sur place dans les locaux du Grand Séminaire en présence du professeur, d’étudiants séminaristes et d’étudiants externes ;
  2. en comodal : un groupe d’étudiants séminaristes et d’étudiants externes se retrouvent dans un local du Grand Séminaire et suit en direct un cours donné à l’Université Laval à Québec ;
  3. en cours à distance:  lieux et nombre d’étudiant variables, de façon synchrone ou asynchrone.

Journée type

Les quatre dimensions de la formation imprègnent et rythment le quotidien du séminariste.

Prière

Prière

La journée débute par la prière, l’oraison personnelle, la messe du jour, la liturgie des heures (office des Laudes) et se termine par la prière communautaire du soir (office des Vêpres). À 22 h, le silence s’établit jusqu’au lendemain.

Études

Études

Le déjeuner suit la prière matinale, puis, les cours se donnent de 8 h 30 à 11 h 30 durant les cinq jours de la semaine. Après le dîner, chaque séminariste gère son temps jusqu’au souper, en donnant habituellement priorité à ses lectures et travaux scolaires.

ACTIVITÉS COMMUNAUTAIRES

ACTIVITÉS COMMUNAUTAIRES

L’équilibre de vie étant important, l’après-midi donne place aussi à des moments de détente, des rencontres, la participation à des comités, la pratique d’un sport ou une activité culturelle.
Le vendredi après-midi, tous les séminaristes, peu importe leur niveau de parcours, se retrouvent pour une formation humaine, un partage ou une activité communautaire.
Le soir, diverses activités communautaires se tiennent, comme la pratique du chant, le partage fraternel, la prière du chapelet, l’adoration eucharistique.

Pastorale

Pastorale

L’emplacement en pleine « vie de quartier » du Grand Séminaire est propice à la création de liens étroits avec les paroisses et paroissiens du secteur Rosemont-La-Petite-Patrie. Ainsi, l’adoration eucharistique du jeudi soir peut se faire en paroisse. Les fins de semaine rendent possibles les activités pastorales dans son diocèse d’appartenance ou la présence dans une paroisse désignée pour l’insertion pastorale.
C’est vers la mi-parcours de son cheminement, généralement entre la première et la deuxième année de formation théologique, que se tient une année d’insertion pastorale. Durant cette année, le séminariste habite la paroisse d’insertion, accompagné d’un tuteur sur place. Le formateur en pastorale du collège des formateurs rencontre le séminariste au Grand Séminaire dans le cadre d’une démarche de suivi, ce qui qui favorise l’arrimage entre la théorie et la pratique.

Visite virtuelle du Grand Séminaire de l’Archidiocèse de Montréal

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